Pink vient d'annoncer une rentrée sous le signe des économies budgétaires et d'une restriction de sa diffusion entre 22h et 4h du matin; quelle est la situation réelle de la chaîne?
Pascal Houzelot : PinkTV a traversé une période difficile mais est sauvée. Nous avons réussi à réunir 110 000 abonnés, ce qui n’est pas rien, mais est malheureusement insuffisant à notre équilibre économique dont j’ai toujours dit qu’il nécessitait 180 000 abonnés. La chaîne a donc traversé une période de restructuration et de recapitalisation qui s’est malheureusement ressentie à l’antenne. Mais cette page est définitivement tournée. Notre augmentation de capital a été pleinement réussie au mois de juillet dernier. C’est Canal+, la société Connection, moi-même et d’autres petits actionnaires qui avons souscrit. Dans le même temps, nous avons réduit les coûts fixes en ramenant l’antenne de la journée à une tranche en clair de 22h à minuit. Nous proposons, par contre, de minuit à 5h du matin une véritable chaîne adulte avec deux films diffusés tous les soirs, soit plus de 700 films par an, sans augmenter notre abonnement qui reste à 9 euros par mois.
Pink ne va donc plus proposer de programmes "frais" cette saison, hormis les films X qui font l'objet d'un abonnement; ne peut-on dire que PinkX prend le pas sur PinkTV, autrement dit que Pink devient une chaîne porno dotée d'une vitrine "généraliste"?
Pascal Houzelot : Pas exactement. La réalité, à court terme, c’est que pour sauver PinkTV, nous devons trouver notre équilibre financier. Car à moyen terme, notre ambition est de redéployer la tranche en clair avec plus d’antenne et de programmes frais avec, je le souhaite, quelques surprises dès les fêtes de fin d’année. J’espère donc que nos abonnés actuels et futurs, même ceux qui sont peu adeptes des programmes X, nous donneront leur soutien par leur abonnement. L’avenir de PinkTV passe par là.
A terme, y a-t-il place pour une chaîne gay made in France? Ne serait-il pas envisageable -sur le modèle de MTV- d'imaginer une chaîne gay internationale avec une déclinaison française qui pourrait avoir Pink comme relais?Pascal Houzelot: "l'avenir de PinkTV passe par le soutien de ses abonnés"
Pascal Houzelot : Merci de rappeler l’existence de Logo qui a été créée après PinkTV et sur le modèle de celle-ci, adaptée au marché américain. Il y a bien sûr une place pour PinkTV en France. Nous en avons convaincu nos abonnés, nos actionnaires, nos partenaires, les pouvoirs publics ainsi que les annonceurs qui ont été au rendez-vous. Maintenant, pourquoi ne pas réfléchir à un relais européen avec Logo ? Ce qui est sûr, c’est que l’on ne va pas s’attaquer tout seul au marché américain !
Mis en ligne le 31/08/07
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